L'essentiel
- Le prix de l'électricité professionnelle additionne trois blocs : la fourniture, seul bloc mis en concurrence, l'acheminement (TURPE) et les taxes.
- Deux entreprises voisines paient rarement le même kWh : date de signature, durée, profil de consommation, segment et solvabilité expliquent l'essentiel de l'écart.
- Le prix spot moyen est passé de 276 €/MWh en 2022 à 61,1 €/MWh en 2025 selon RTE. Fin 2025, le contrat annuel à terme pour 2026 s'échangeait sous 50 €/MWh.
- Le marché ne fait pas toute la facture : en 2026, le tarif réglementé a baissé au 1er février puis augmenté au 1er août, sous l'effet de la capacité et du réseau.
Le prix de l'électricité professionnelle se lit mal sur une offre. Un « prix du kWh » peut désigner l'énergie seule, la fourniture complète ou le total toutes taxes comprises. Avant de comparer, il faut savoir ce que chaque ligne contient, ce qui dépend de votre fournisseur et ce qui n'en dépend pas. C'est l'objet de cette page, chiffres officiels à l'appui.
De quoi est fait le prix de l'électricité professionnelle ?
Votre facture empile trois blocs. Le premier est fixé par votre fournisseur. Les deux autres le sont par le régulateur et par la loi : ils sont identiques quel que soit le fournisseur choisi.
| Bloc | Ce qu'il contient | Qui le fixe | Votre levier |
|---|---|---|---|
| Fourniture | Énergie, capacité, certificats d'économies d'énergie (CEE), coûts commerciaux et marge du fournisseur | Le fournisseur, dans son offre | Mise en concurrence, type de prix, date de signature |
| Acheminement | TURPE : gestion, comptage et soutirage, selon votre puissance souscrite et votre formule tarifaire | La CRE, pour tous les fournisseurs | Puissance souscrite, formule tarifaire, heures creuses |
| Taxes et contributions | Accise sur l'électricité, contribution tarifaire d'acheminement (CTA), TVA | La loi et l'État | Taux d'accise réduits pour certains usages, sur attestation |
La fourniture : énergie, capacité, CEE et marge
L'énergie est achetée par votre fournisseur sur les marchés de gros, le plus souvent à l'avance, sous forme de contrats à terme. Avec la fin de l'ARENH le 31 décembre 2025, les fournisseurs n'ont plus accès à une part de la production nucléaire historique d'EDF à 42 €/MWh : tout leur approvisionnement se fait aux conditions du marché. La CRE construit d'ailleurs le tarif réglementé de 2026 sur des achats réalisés en totalité sur les marchés de gros, lissés sur 24 mois.
La capacité finance la disponibilité des moyens de production et d'effacement lors des pointes de consommation. Chaque fournisseur en supporte le coût pour ses clients et l'intègre à son prix : il pèse davantage sur les sites qui consomment beaucoup pendant les pointes d'hiver. Le mécanisme a été réformé, et la CRE a intégré le coût du nouveau dispositif au tarif réglementé le 1er août 2026.
Les CEE traduisent l'obligation faite aux fournisseurs de financer des économies d'énergie. Leur coût est inclus dans le prix de l'énergie : dans le tarif réglementé des professionnels fixé au 1er février 2026, la CRE l'a compté pour 7,05 €/MWh. La sixième période du dispositif, de 2026 à 2030, relève l'obligation globale de 27 % par rapport à la précédente.
Les coûts commerciaux et la marge couvrent la gestion de votre contrat, le risque porté par le fournisseur et sa rémunération. Si vous passez par un courtier, sa commission est comprise dans ce bloc.
L'acheminement : le TURPE
Le tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité paie le transport et la distribution jusqu'à votre compteur. Il est fixé par la CRE et identique chez tous les fournisseurs. Son montant dépend de votre puissance souscrite, de votre formule tarifaire et de la répartition de vos consommations entre heures pleines et heures creuses, été et hiver. Au 1er août 2026, il a augmenté de 3,04 % en moyenne pour les sites raccordés en HTA et en basse tension. On ne le négocie pas, mais on l'optimise : formule tarifaire et heures creuses, et puissance souscrite ajustée à vos pointes réelles.
Les taxes et contributions
Trois lignes s'ajoutent. L'accise sur l'électricité, ex-CSPE, a un montant par MWh qui dépend de la catégorie de votre site et qui a changé deux fois en 2026, au 1er février puis au 1er août. Pour un site raccordé au réseau de distribution, la CTA représente 15 % de la part fixe du TURPE depuis le 1er février 2026, contre 21,93 % auparavant. La TVA, enfin, est récupérable par la plupart des entreprises. Certains usages ouvrent droit à des taux d'accise réduits : ils sont détaillés dans notre page sur les taxes sur l'énergie.
Depuis le 1er janvier 2026, une ligne peut aussi venir en déduction : le versement nucléaire universel (VNU). Quand les revenus du parc nucléaire historique d'EDF dépassent 78 €/MWh, la moitié de l'excédent est reversée à tous les consommateurs, et 90 % au-delà de 110 €/MWh. En dessous de ces seuils, rien n'est reversé. Le mécanisme est détaillé dans notre guide sur la fin de l'ARENH.
Pourquoi deux entreprises ne paient-elles pas le même prix du kWh ?
À consommation égale, deux restaurants de la même rue peuvent payer des prix très différents sans que l'un ait mal négocié. Cinq facteurs expliquent l'essentiel de l'écart.
- La date de signature. Un prix fixe est calculé sur les prix à terme du jour où vous signez. Deux sites identiques qui ont fixé leur prix à un an d'intervalle ne partent pas du même coût d'énergie : le graphique de la section suivante montre l'ampleur des mouvements.
- La durée. Un contrat de trois ans est construit sur les prix à terme des trois années couvertes, qui ne sont pas ceux d'un contrat d'un an. La CRE observe que la période de fourniture est souvent comprise entre un et trois ans.
- Le profil de consommation. Un site qui consomme la nuit, l'été ou le week-end n'achète pas la même électricité qu'un site dont la consommation culmine les soirs d'hiver, quand l'énergie et la capacité coûtent le plus cher.
- Le segment. Un site C5, un site C4 et un site HTA n'ont ni le même acheminement, ni la même catégorie d'accise, ni les mêmes données à fournir. Les segments C5, C4 et HTA expliqués.
- La solvabilité. Le fournisseur évalue le risque de ne pas être payé. Une entreprise récente ou fragile peut se voir demander un dépôt, ou recevoir moins d'offres.
À ces cinq facteurs s'ajoute le type de prix. Fixe, indexé ou spot : il ne change pas seulement le niveau du prix, il change qui porte le risque de marché. Prix fixe, indexé ou spot : les différences.
Comment le prix de marché a-t-il évolué depuis 2022 ?
Le prix spot est fixé chaque jour sur le marché de gros, la veille pour le lendemain. Depuis le 1er octobre 2025, il se forme par quart d'heure : 96 prix par jour au lieu de 24. Sa moyenne annuelle donne la tendance de fond du marché français.
Prix spot moyen de l'électricité en France, 2022 à 2025
Après le pic de 2022, le prix spot moyen a été divisé par plus de quatre en deux ans, puis s'est stabilisé autour de 60 €/MWh. Cette moyenne cache de grands écarts d'une heure à l'autre : le prix a été négatif pendant 513 heures en 2025, contre 352 en 2024.
Les entreprises achètent pourtant rarement au prix spot. Leur prix fixe se construit sur les contrats à terme, qui anticipent le marché des années suivantes. Ces contrats ont suivi la même pente : le contrat annuel pour l'année suivante s'est échangé autour de 77 €/MWh en moyenne en 2024, autour de 61 €/MWh en 2025, puis sous 50 €/MWh à la fin de 2025.
Qu'est-ce qui a changé sur le tarif réglementé en 2026 ?
Le tarif Bleu, tarif réglementé des sites de 36 kVA ou moins, sert de repère public. Il a bougé deux fois en 2026 pour les professionnels. Au 1er février, il a baissé de 1,58 % TTC en moyenne : les coûts d'approvisionnement en énergie et en capacité étaient plus bas qu'en 2025. Au 1er août, il a augmenté de 2,35 % TTC, principalement sous l'effet du nouveau mécanisme de capacité et de la hausse du TURPE.
La leçon vaut pour toutes les offres : même quand le prix de l'énergie recule, les composantes réglementées peuvent faire monter la facture. Pour une microentreprise, ce tarif reste une référence à comparer, y compris au-delà de 36 kVA depuis 2025 : le tarif Bleu professionnel en détail.
Que signifie ce marché pour une signature aujourd'hui ?
Trois enseignements pour une entreprise qui renouvelle son contrat.
- L'énergie n'est qu'une partie de la facture. Les prix de gros ont fortement reculé depuis 2022, mais l'acheminement, la capacité, les CEE et les taxes ne suivent pas le marché. Une baisse du prix de l'énergie ne se retrouve jamais à l'identique sur le total.
- Le moment compte autant que le fournisseur. Un prix fixe photographie le marché à terme du jour de la signature. Vous pouvez sécuriser un prix maintenant pour un contrat qui démarrera à l'échéance de l'actuel : la date de consultation se choisit, elle ne se subit pas.
- Comparez à périmètre égal. Même date de démarrage, même durée, même type de prix, mêmes composantes incluses. Sans cela, deux prix du kWh ne sont pas comparables.
Comment obtenir un prix pour votre entreprise ?
Un fournisseur ne peut pas chiffrer sérieusement sans les données de votre site. Le Médiateur national de l'énergie liste celles à fournir, et la plupart figurent sur vos factures :
- le numéro de point de livraison (PDL, aussi appelé PRM)
- la puissance souscrite et l'option tarifaire
- la tension de raccordement, basse tension ou HTA, pour les plus gros sites
- l'historique de consommation sur au moins un an, en relevés mensuels ou en courbe de charge au pas de 10 minutes
Ajoutez la date d'échéance de votre contrat actuel : c'est elle qui fixe la date de démarrage des offres. Si une donnée manque, votre fournisseur ou Enedis peuvent vous la transmettre, et un autre fournisseur peut la demander pour vous avec votre autorisation expresse.
Le plus simple reste de nous envoyer votre dernière facture via le comparateur. Un conseiller vous rappelle sous 24 h ouvrées, consulte les fournisseurs et vous remet une synthèse comparative des offres.
Questions fréquentes
Quel est le prix du kWh pour un professionnel en 2026 ?
Il n'existe pas de prix unique. Le prix dépend de votre segment, de votre profil de consommation, de la durée du contrat et du jour où il est fixé. Un chiffre « moyen » serait trompeur pour votre site. La principale référence publique est le barème du tarif réglementé, réservé aux microentreprises. Pour connaître votre prix, il faut consulter les fournisseurs sur vos données réelles.
Les prix de marché ont baissé : pourquoi pas ma facture ?
Si vous êtes en prix fixe, votre prix de fourniture reste celui du jour de la signature jusqu'à l'échéance. La baisse du marché ne vous profitera qu'au renouvellement. C'est le moment de faire chiffrer un prix qui démarrera à la fin de votre contrat, sans attendre la dernière minute.
Le prix spot est-il intéressant pour une entreprise ?
Il peut l'être pour un site capable de déplacer sa consommation vers les heures les moins chères, voire vers les heures à prix négatif. Pour un site qui consomme surtout les soirs d'hiver, c'est l'inverse : il paie les heures les plus chères sans pouvoir les éviter. Le spot demande un suivi régulier et une tolérance au risque que toutes les entreprises n'ont pas.
Le prix annoncé inclut-il l'acheminement et les taxes ?
Pas toujours. En contrat unique, le fournisseur vous facture tout, TURPE compris, mais son offre peut n'afficher que le prix de la fourniture. Les sites en contrat CARD reçoivent la facture d'acheminement directement du gestionnaire de réseau. Vérifiez toujours si un prix s'entend hors taxes, hors acheminement ou tout compris.
Combien de temps une offre de prix reste-t-elle valable ?
Peu de temps. Une offre à prix fixe est calculée sur les prix de marché du jour, et sa durée de validité, courte, est indiquée sur l'offre. Au-delà, le prix est recalculé, à la hausse comme à la baisse. C'est pourquoi on prépare la décision en amont : le jour où l'offre arrive, vous pouvez signer vite.
Passer par un courtier change-t-il le prix ?
Notre rémunération est une commission versée par le fournisseur retenu, intégrée au prix de l'offre que nous vous présentons. Vous ne payez aucun frais en direct, et le prix qui figure dans notre synthèse inclut déjà cette commission. C'est ce prix que vous comparez, offre par offre.
Sources
- RTE, Bilan électrique 2025, chapitre prix — prix spot moyens annuels, heures à prix négatif, contrats annuels à terme, passage au pas de 15 minutes
- RTE, Bilan électrique 2023, chapitre prix — prix spot moyen annuel 2023 : 97 €/MWh
- CRE, délibération n° 2026-06 du 14 janvier 2026 (tarifs réglementés au 1er février 2026) — mouvement du tarif Bleu des professionnels, coût des CEE, approvisionnement lissé sur 24 mois, CTA
- CRE, délibération n° 2026-147 du 15 juillet 2026 (tarifs réglementés au 1er août 2026) — hausse du 1er août 2026, nouveau mécanisme de capacité, TURPE
- Enedis, brochure tarifaire TURPE 7, tarifs en vigueur au 1er août 2026 — évolution de +3,04 % du TURPE HTA-BT (délibération CRE n° 2026-105)
- CRE, guide de bonnes pratiques à l'intention des consommateurs professionnels pour leurs achats d'électricité et de gaz — composantes du prix, durées de contrat les plus fréquentes
- Médiateur national de l'énergie (energie-info.fr), informations à fournir pour obtenir des offres — données de comptage, accès aux données avec autorisation expresse