L'essentiel
- Le prix du gaz professionnel additionne la molécule, seul poste mis en concurrence, l'acheminement (transport, stockage, distribution), les taxes (CTA, accise) et, depuis 2026, le coût des certificats de production de biogaz.
- Les tarifs réglementés du gaz ont pris fin le 30 juin 2023 : tous les professionnels sont en offre de marché, à prix fixe ou indexé.
- En 2026, le réseau et les taxes ont bougé : distribution GRDF en hausse de 5,87 % en moyenne au 1er juillet, accise portée à 16,66 €/MWh au 1er août.
- Votre compteur mesure des m³, votre facture compte des kWh : le coefficient de conversion, déterminé par le distributeur, va de 10,7 à 12,8 kWh par m³ sur la majorité du territoire, selon GRDF.
Le prix du gaz professionnel se construit comme celui de l'électricité : un prix d'énergie négocié, puis des couches réglementées identiques chez tous les fournisseurs. Ce qui change, ce sont les acteurs, les indices de marché et une obligation nouvelle depuis 2026. Voici chaque ligne, dans l'ordre où elle se construit, puis la méthode pour obtenir une offre qui se compare vraiment.
De quoi est composé le prix du gaz professionnel ?
Quatre familles de coûts, dont une seule se négocie avec le fournisseur.
| Poste | Ce qu'il couvre | Qui le fixe | Négociable ? |
|---|---|---|---|
| Molécule | Achat du gaz sur les marchés de gros, CEE, coûts commerciaux et marge du fournisseur | Le fournisseur | Oui : prix, durée, type de prix |
| Transport et stockage | Réseau de transport et financement des stockages de gaz | La CRE (tarifs d'accès) | Non |
| Distribution | Réseau local jusqu'à votre compteur, selon votre option T1 à T4 | La CRE (tarif ATRD) | Non, mais l'option doit correspondre à votre consommation |
| Taxes et contributions | CTA, accise sur les gaz naturels, certificats de production de biogaz (CPB), TVA | La loi et l'État. Pour les CPB, l'État fixe l'obligation, le coût suit le prix des certificats | Non, sauf taux d'accise réduits pour certains usages |
La molécule : le seul poste négocié
Votre fournisseur achète le gaz sur les marchés de gros. En France, la référence est le PEG, le point d'échange de gaz. Une offre indexée suit le plus souvent son indice mensuel (« month ahead »), parfois le prix spot du lendemain (« day ahead »). Une offre à prix fixe intègre les prix à terme du jour de la signature. Le prix de la molécule comprend aussi les coûts commerciaux, la marge du fournisseur et le coût des CEE. Pour le gaz naturel, le coefficient d'obligation « classique » est de 0,827 au 1er janvier 2026, auquel s'ajoute une obligation au titre de la précarité énergétique. Les CEE et les primes pour vos travaux.
Le transport et la distribution : votre option T1 à T4
L'acheminement se paie à travers deux tarifs fixés par la CRE : l'ATRT pour le réseau de transport et l'ATRD pour le réseau de distribution. Ces tarifs d'accès financent aussi les opérateurs de stockage. Chez GRDF, l'ATRD dépend de votre option tarifaire, liée à votre consommation annuelle :
| Option | Consommation annuelle | Structure du tarif de distribution |
|---|---|---|
| T1 | Jusqu'à 6 MWh | Abonnement annuel faible, prix par MWh élevé |
| T2 | De 6 à 300 MWh | Abonnement et prix par MWh intermédiaires |
| T3 | De 300 à 5 000 MWh | Abonnement plus élevé, prix par MWh plus bas |
| T4 | Au-delà de 5 000 MWh | Abonnement élevé, prix par MWh faible, souscription d'une capacité journalière |
| TP | Tarif de proximité | Abonnement, capacité journalière et terme lié à la distance |
Le tarif ATRD7 de GRDF a augmenté de 5,87 % en moyenne au 1er juillet 2026. Cette hausse s'applique à tous les clients, que leur prix de fourniture soit fixe ou indexé.
Les taxes et contributions
La CTA, contribution tarifaire d'acheminement, se calcule sur une quote-part du tarif d'acheminement : 20,80 % pour la distribution, 4,71 % pour le transport. Contrairement à celle de l'électricité, elle n'a pas baissé en 2026.
L'accise sur les gaz naturels, ex-TICGN, est de 16,66 €/MWh depuis le 1er août 2026 pour un usage combustible, contre 16,39 €/MWh du 1er février au 31 juillet. Deux tarifs réduits, de 1,52 et 1,60 €/MWh, existent pour certains usages, sur attestation d'éligibilité. Les cas concernés sont détaillés dans notre page sur l'accise sur le gaz.
Les certificats de production de biogaz (CPB) sont une obligation nouvelle. Depuis le 1er janvier 2026, les fournisseurs de gaz doivent détenir des certificats en proportion des volumes qu'ils vendent, et répercutent ce coût sur une ligne dédiée de la facture des clients concernés, selon leur code NAF. Le coefficient d'obligation grimpe vite : 0,0041 en 2026, 0,0182 en 2027, 0,0415 en 2028. Un projet de décret, sur lequel la CRE a rendu son avis le 17 septembre 2026, prévoit de ramener ces deux derniers coefficients à 0,0175 et 0,0388 ; il n'est pas adopté à ce jour.
Coût des CPB par MWh de gaz, exemple illustratif
Enfin, la TVA s'applique à l'ensemble de la facture, molécule, acheminement et taxes compris. La plupart des entreprises la récupèrent.
Depuis la fin du tarif réglementé, prix fixe ou indexé ?
Les tarifs réglementés de vente de gaz ont pris fin le 30 juin 2023. Depuis, tous les professionnels sont en offre de marché, et le choix porte sur la façon de payer la molécule.
- Prix fixe : le prix de la molécule est figé pour la durée du contrat, souvent comprise entre un et trois ans. Le budget est lisible, mais vous ne profitez pas d'une baisse du marché.
- Prix indexé : le prix suit l'indice prévu au contrat. Il épouse le marché, à la hausse comme à la baisse.
Le gaz ajoute deux paramètres. Sa consommation dépend souvent du chauffage, donc de la météo : vérifiez la tolérance de volume prévue au contrat, au-delà de laquelle le fournisseur peut appliquer des pénalités ou régulariser au prix spot. Et un prix fixe ne fige que la molécule : distribution, CTA, accise et CPB continuent d'évoluer, comme 2026 l'a montré. Le raisonnement complet est sur notre page prix fixe, indexé ou spot.
Comment passer des m³ aux kWh sur votre facture ?
Votre compteur mesure un volume, en mètres cubes. Le gaz est pourtant facturé en énergie, en kWh, parce que l'énergie contenue dans un m³ varie. Le gestionnaire du réseau de distribution détermine un coefficient de conversion qui tient compte de l'altitude et de la composition du gaz, elle-même liée à son origine. Il varie selon le lieu et la période : selon GRDF, de 10,7 à 12,8 kWh par m³ dans la majorité du territoire, alimentée en gaz H, et de 9,5 à 10,5 kWh par m³ dans les zones alimentées en gaz B. Il figure sur votre facture.
Consommation facturée : volume relevé en m³ × coefficient de conversion en kWh/m³ = consommation en kWh.
Exemple illustratif. Un restaurant relève 4 200 m³ sur l'année, avec un coefficient de 11,2 kWh/m³. Sa consommation facturée est de 4 200 × 11,2 = 47 040 kWh, soit environ 47 MWh : il relève de l'option T2. L'accise s'applique à ces 47 MWh, pas aux 4 200 m³, soit environ 784 € hors TVA au taux en vigueur.
Un coefficient qui paraît anormal d'une facture à l'autre mérite une question à votre fournisseur. C'est l'une des lignes que nous contrôlons lors d'un audit de facture. Chaque ligne est détaillée dans notre guide pour lire une facture de gaz professionnel.
Comment obtenir une offre de gaz pour votre entreprise ?
Pour chiffrer un contrat de gaz, un fournisseur a besoin de quatre informations, dont la plupart figurent sur vos factures :
- votre numéro PCE, qui identifie votre point de comptage
- votre option d'acheminement (T1 à T4) et votre consommation annuelle en kWh, idéalement sur plusieurs années pour lisser l'effet de la météo
- la date d'échéance de votre contrat actuel
- l'usage du gaz, chauffage, cuisson ou procédé, dont dépendent certains taux réduits d'accise
Envoyez-nous votre dernière facture de gaz via le comparateur : nous consultons les fournisseurs à périmètre égal et vous présentons une synthèse comparative, avec le prix, la durée, le type de prix et les conditions de chaque offre. Si vous avez aussi un contrat d'électricité, les deux peuvent être étudiés ensemble, même avec des échéances différentes. Plus de détails sur notre page gaz professionnel.
Questions fréquentes
Quel est le prix du gaz pour un professionnel en 2026 ?
Il n'y a pas de prix unique : il dépend de la date de signature, de la durée, du type de prix et de votre option d'acheminement. La molécule n'est qu'une partie de la facture, à laquelle s'ajoutent distribution, transport, CTA, accise et CPB. Un prix « moyen » serait trompeur pour votre site : seule une consultation sur vos données donne un chiffre fiable.
Pourquoi une ligne CPB apparaît-elle sur ma facture ?
Parce que les fournisseurs de gaz doivent, depuis le 1er janvier 2026, soutenir la production de biogaz à travers des certificats, et répercutent ce coût sur les clients concernés. L'éligibilité dépend du code NAF de votre entreprise : vérifiez qu'il correspond bien à votre activité réelle.
Mon entreprise peut-elle payer moins d'accise sur le gaz ?
Peut-être, si votre usage relève de l'un des deux tarifs réduits. Il faut alors transmettre à votre fournisseur une attestation d'éligibilité, le formulaire 2040-TIC-ATT-G-SD disponible sur impots.gouv.fr. Le taux réduit ne s'applique pas sans cette attestation.
Mon coefficient de conversion est-il correct ?
Il est déterminé par le gestionnaire du réseau de distribution, puis transmis à votre fournisseur. Il varie selon votre commune et la période, ce qui explique qu'il change d'une facture à l'autre. Un écart inhabituel se vérifie : demandez le détail du calcul à votre fournisseur.
Changer de fournisseur de gaz demande-t-il une intervention ?
Non. Le réseau et le compteur restent ceux du distributeur, GRDF ou l'entreprise locale de distribution. Le nouveau contrat démarre à la date prévue, sans coupure ni rendez-vous. Les étapes et les délais sont décrits dans notre guide pour changer de fournisseur d'énergie.
Électricité et gaz : faut-il un seul fournisseur ?
Non. Chaque énergie a son contrat, son échéance et ses fournisseurs les mieux placés. Les regrouper chez un même fournisseur peut simplifier la gestion, mais ce n'est pas une condition pour obtenir un bon prix. Nous comparons chaque énergie séparément, puis regardons si une offre groupée apporte un avantage réel.
Sources
- CRE, délibération n° 2026-130 du 17 septembre 2026 (avis sur la trajectoire des CPB) — coefficients en vigueur et coefficients proposés par le projet de décret
- CRE, guide de bonnes pratiques à l'intention des consommateurs professionnels pour leurs achats d'électricité et de gaz — composantes du prix du gaz, indices PEG, tarifs ATRT et ATRD, accès aux stockages, tunnel de tolérance
- CRE, délibération n° 2026-96 du 7 mai 2026 (tarif ATRD7 de GRDF) — évolution moyenne de +5,87 % au 1er juillet 2026, structure des options tarifaires
- CRE, délibération n° 2026-14 du 15 janvier 2026 (avis sur les taux de la CTA) — taux de CTA du gaz naturel inchangés : 20,80 % (distribution) et 4,71 % (transport)
- EDF Entreprises, « Qu'est-ce que l'accise sur les gaz naturels (ex-TICGN) ? » — tarifs d'accise au 1er février et au 1er août 2026, tarifs réduits, formulaire d'attestation
- Médiateur national de l'énergie (energie-info.fr), glossaire : coefficient de conversion du gaz naturel — définition, rôle du gestionnaire du réseau de distribution
- GRDF, « Coefficient de conversion gaz : comment se calcule-t-il ? » — plages de valeurs en gaz H et en gaz B, mention sur la facture (page consultée le 25 octobre 2026)