L'essentiel
- Le dispositif des certificats d'économies d'énergie (CEE) oblige les fournisseurs d'énergie à réaliser ou à financer des économies. Son coût est intégré à vos prix : 7,05 €/MWh dans le tarif bleu professionnel 2026, selon la CRE.
- Pour la 6e période (2026-2030), l'obligation passe à 1 050 TWhc par an, soit 27 % de plus que la période précédente.
- Une prime peut financer des travaux décrits dans une fiche d'opération standardisée du secteur concerné : pompe à chaleur, gestion technique du bâtiment, récupération de chaleur sur un groupe de froid, variation de vitesse sur un moteur.
- Règle décisive : l'offre de prime doit être formalisée avant la signature du devis. Après, l'opération ne peut en principe plus être valorisée.
La prime CEE entreprise n'est pas une subvention publique. C'est une aide versée par un fournisseur d'énergie, ou par un partenaire qui agit pour son compte, en échange des certificats que vos travaux lui permettent d'obtenir. L'État fixe les règles et le volume d'économies attaché à chaque type de travaux, l'acteur privé fixe le montant qu'il vous propose. Bien utilisée, elle allège le coût d'un investissement que vous aviez de bonnes raisons de faire. Mal séquencée, elle disparaît.
Comment fonctionnent les certificats d'économies d'énergie ?
Créé en 2005 par la loi de programme fixant les orientations de la politique énergétique, dite loi POPE, le dispositif impose aux « obligés » de réaliser ou de financer des économies d'énergie. Les obligés sont les vendeurs d'énergie dont les ventes dépassent des seuils : électricité, gaz naturel, GPL, fioul, carburants, chaleur et froid. Chaque kWh cumac manquant à leur obligation est pénalisé.
kWh cumac : l'unité des certificats. Un CEE vaut un kWh cumac d'énergie finale, c'est-à-dire les économies cumulées sur la durée de vie de l'équipement et actualisées de 4 % par an.
Outre l'achat à d'autres détenteurs, les obligés obtiennent leurs certificats de trois façons : par des opérations standardisées, décrites dans des fiches qui attribuent un volume forfaitaire de kWh cumac, par des opérations spécifiques, pour des projets hors fiches dont les économies sont calculées au cas par cas, ou en finançant des programmes d'accompagnement. Pour une entreprise, la voie courante est l'opération standardisée : vous réalisez les travaux, l'obligé vous verse une contribution et obtient les certificats correspondants.
Que change la 6e période des CEE (2026-2030) ?
Le décret n° 2025-1048 du 30 octobre 2025 porte l'obligation annuelle globale à 1 050 TWhc, en hausse de 27 % par rapport à la période précédente, dont 280 TWhc par an au titre de la précarité énergétique. L'obligation de chaque fournisseur se calcule en multipliant ses ventes aux clients résidentiels et tertiaires par un coefficient. Au 1er janvier 2026, il est de 0,731 pour l'électricité et de 0,827 pour le gaz naturel, avec un coefficient précarité de 0,364.
La période renforce aussi l'encadrement : programmes plafonnés à 500 TWhc sur cinq ans, organismes d'inspection sans lien capitalistique avec le demandeur, mesures contre la fraude. Pour la fiche de rénovation globale des bâtiments tertiaires, l'administration prévoit des contrôles sur site systématiques. Pour vous, deux conséquences : une composante CEE qui peut augmenter dans le prix de l'énergie, et des dossiers mieux documentés.
Combien les CEE vous coûtent-ils déjà sur votre facture ?
Les obligés répercutent le coût du dispositif sur les factures de leurs clients. Pour le tarif réglementé des professionnels, la CRE l'évalue à 7,05 €/MWh en 2026 (délibération n° 2026-06). Le rapport au Parlement de 2025 estimait la part des CEE, en 2023, de l'ordre de 2,9 % du prix TTC de l'électricité et de 6,3 % de celui du gaz naturel. Dans une offre de marché, ce coût est compris dans le prix de fourniture, qu'il soit affiché à part ou non.
Exemple illustratif : un site au tarif bleu qui consomme 100 MWh par an supporte environ 100 × 7,05 = 705 € de coût CEE hors TVA, compris dans son prix. Une prime sur vos propres travaux est le moyen d'en récupérer une partie. Pour savoir si ce tarif vous concerne : qui a droit au tarif bleu professionnel.
Quels travaux ouvrent droit à une prime CEE dans votre secteur ?
Les fiches d'opérations standardisées sont définies par un arrêté du 22 décembre 2014, modifié de nombreuses fois. Le catalogue publié par le ministère compte plus de 200 fiches, réparties en six secteurs. Chaque fiche fixe les exigences techniques à respecter et le forfait de kWh cumac de l'opération. Elle ne s'applique que si l'activité du local correspond à son secteur : une fiche CEE tertiaire, de préfixe BAT, vise un bâtiment tertiaire.
| Secteur | Exemples de fiches | Sites concernés |
|---|---|---|
| Tertiaire (BAT) | BAT-TH-163 et BAT-TH-164, pompes à chaleur collectives air/eau et eau/eau, en vigueur depuis le 1er janvier 2026, date à laquelle la fiche BAT-TH-113 a été abrogée. BAT-TH-116, système de gestion technique du bâtiment pour le chauffage, l'eau chaude, la climatisation, l'éclairage et les auxiliaires. | Bureaux, commerces, hôtels, restaurants, établissements de santé |
| Industrie (IND) | IND-BA-110, déstratificateur ou brasseur d'air. | Ateliers et bâtiments industriels |
| Agriculture (AGRI) | AGRI-TH-105, récupérateur de chaleur sur tank à lait. AGRI-TH-104, récupération de chaleur sur un groupe de production de froid, hors tank à lait. AGRI-UT-102, variation électronique de vitesse sur un moteur asynchrone. AGRI-EQ-102, double écran thermique. | Élevages, serres, exploitations |
| Résidentiel (BAR) | BAR-EN-101, isolation de combles ou de toitures. | Immeubles d'habitation, dont les copropriétés |
| Réseaux et transport (RES, TRA) | Fiches propres aux réseaux et aux véhicules. | Gestionnaires de réseaux, flottes |
Un projet industriel sur mesure, sans fiche adaptée, peut relever d'une opération spécifique : voir l'énergie des sites industriels. Côté exploitations, les fiches agricoles couvrent notamment le froid, les moteurs et les serres : voir l'énergie en agriculture.
Pourquoi l'offre CEE doit-elle précéder le devis ?
Pour obtenir des certificats, l'obligé doit prouver son « rôle actif et incitatif » : sa contribution doit avoir déclenché vos travaux. Les textes exigent donc que son engagement écrit, ou le contrat qui vous lie à lui ou à son partenaire, soit formalisé avant la date d'engagement de l'opération, ou au plus tard ce jour-là pour l'engagement d'un partenaire. Cette date est celle de l'acceptation du devis ou du bon de commande.
Conséquence directe : un devis signé avant l'offre de prime ferme en principe la porte aux CEE pour cette opération. La seule souplesse vise les particuliers et les syndicats de copropriétaires, qui peuvent recevoir l'engagement jusqu'à quatorze jours après la date d'engagement, et en tout état de cause avant le début des travaux. Une entreprise n'en bénéficie pas.
Quelles sont les étapes d'un dossier de prime CEE ?
- Repérer l'opération. Identifiez la fiche qui correspond aux travaux et vérifiez que le secteur du local et les exigences techniques sont compatibles avec votre projet.
- Signer l'offre de prime. L'obligé ou son partenaire vous remet une offre écrite qui précise le montant de sa contribution. Vous l'acceptez avant de signer le devis.
- Faire réaliser les travaux. Le devis signé fixe la date d'engagement. Le professionnel réalise l'opération et établit une facture conforme aux exigences de la fiche.
- Signer l'attestation sur l'honneur. Elle décrit l'opération et vaut engagement de votre part. Vous la transmettez avec la facture.
- Recevoir la prime. L'obligé dépose la demande de certificats dans le délai réglementaire et vous verse la prime selon les modalités de son offre. Des contrôles, y compris sur site, peuvent intervenir.
Peut-on cumuler une prime CEE avec d'autres aides ?
Les CEE sont des aides d'acteurs privés, distinctes des subventions publiques. Le cumul n'est pas exclu par principe. Pour une entreprise, c'est le règlement de l'aide publique visée qui dit si elle se cumule avec une prime CEE, et dans quelle limite : lisez-le avant de signer. Pour la 6e période, l'administration a prévu de recueillir, pour chaque opération, le coût des travaux et le montant des autres aides perçues. Déclarez-les sans omission.
Comment LSEE vous accompagne-t-elle sur les CEE ?
LSEE ne vend pas d'énergie : nous ne sommes pas un « obligé » et ne versons pas de prime nous-mêmes. Nous intervenons là où notre lecture de vos contrats d'énergie apporte quelque chose :
- Repérer, à partir de vos factures et de vos équipements, les postes susceptibles de relever d'une fiche : froid, chauffage, moteurs, gestion technique.
- Vous rappeler la règle d'antériorité avant que le devis ne soit signé.
- Vous orienter vers un acteur spécialisé, obligé ou délégataire, qui chiffre la prime et porte le dossier.
- Tirer les conséquences des travaux sur vos contrats : une consommation ou une pointe qui baisse peut justifier de revoir la puissance souscrite ou le volume engagé à la prochaine échéance.
Le point de départ est le même que pour une renégociation : une lecture complète de vos factures, qui montre où part l'énergie et ce qu'elle vous coûte, taxes comprises. Les lignes fiscales sont détaillées dans notre page sur les taxes de l'électricité et du gaz.
Questions fréquentes
Une entreprise peut-elle toucher une prime CEE ?
Oui, si ses travaux correspondent à une fiche d'opération standardisée applicable à son secteur, ou à une opération spécifique, et si un obligé ou son partenaire s'engage avant la signature du devis. La prime est versée par cet acteur privé, pas par l'État.
Quel est le montant d'une prime CEE ?
L'État ne le fixe pas. La fiche attribue un volume de kWh cumac à l'opération, et l'obligé décide du montant qu'il vous propose pour ces certificats. Les offres peuvent donc différer d'un acteur à l'autre : seul compte le montant inscrit dans l'offre que vous avez acceptée.
Une copropriété peut-elle bénéficier des CEE ?
Oui, pour des travaux relevant des fiches résidentielles, comme l'isolation de combles ou de toitures, avec la souplesse de calendrier propre aux syndicats de copropriétaires décrite plus haut. Le syndic coordonne la démarche. L'énergie des copropriétés, côté contrats.
Qui dépose le dossier de certificats ?
L'obligé, ou le délégataire qui agit pour lui, dépose la demande auprès de l'administration. Vous fournissez les pièces : offre acceptée, devis, facture, attestation sur l'honneur. Cette attestation vous engage : relisez-la avant de la signer.
Renégocier mon contrat d'énergie donne-t-il droit à une prime CEE ?
Non. Le dispositif finance des économies d'énergie réelles, obtenues par des travaux ou des équipements, pas une baisse de prix. Les deux démarches se complètent : la renégociation agit sur le prix du MWh, les travaux sur le nombre de MWh consommés.
Sources
- Ministère de la Transition écologique, Dispositif des certificats d'économies d'énergie — obligés, kWh cumac, opérations standardisées, spécifiques et programmes
- Ministère de la Transition écologique, Opérations standardisées d'économies d'énergie — arrêté du 22 décembre 2014, catalogue de 221 fiches en six secteurs, fiches agricoles et résidentielles citées
- Ministère de la Transition écologique, Questions-réponses sur le dispositif CEE — date d'engagement, antériorité de la contribution, secteurs des fiches, nature privée des aides
- DGEC, 6e période des certificats d'économies d'énergie (2 décembre 2025) — obligation de 1 050 TWhc par an dont 280 au titre de la précarité, plafond des programmes, contrôles
- Rapport au Parlement, Évaluation de la mise en œuvre du dispositif des CEE (2025) — fiches les plus utilisées (BAT-TH-116, IND-BA-110), part des CEE dans les prix TTC en 2023
- Arrêté du 28 septembre 2021 modifiant l'arrêté du 4 septembre 2014 (texte reproduit par AIDA, INERIS) — preuve du rôle actif et incitatif, engagement antérieur à la date d'engagement de l'opération
- EDF Entreprises, Comprendre le dispositif CEE en 3 points clés — 6e période, décret n° 2025-1048, coefficients au 1er janvier 2026